Le budget

Le budget est l’acte juridique par lequel le Conseil départemental prévoit et autorise les dépenses et les recettes pour une année donnée.

Budget Primitif 2026

Adopté le 13 mars 2026, le Budget Primitif du Département s’établit à 392,9 M€ en équilibre, dans un environnement financier durablement contraint. Il traduit la poursuite d’une stratégie prudente, articulée autour de trois axes : la maîtrise des dépenses de fonctionnement, le maintien d’un effort d’investissement soutenu et la stabilisation de l’encours de dette.

Comme chaque année, compte tenu des contraintes budgétaires, le Budget Primitif reprend par anticipation le résultat de la gestion précédente, résultat qui permet d’atteindre l’équilibre budgétaire. 

La clôture de l’exercice 2025 présente un résultat supérieur aux prévisions initiales. Ce résultat doit être analysé avec prudence car il repose sur des facteurs conjoncturels et non sur une amélioration structurelle de la situation financière.

L’amélioration du résultat de clôture 2025 s’explique principalement par deux facteurs non structurels : une forte reprise des droits de mutation à titre onéreux (+23 %, soit +5,6 M€) après une année de recul, ainsi qu’une moindre consommation des crédits sociaux (+2,2 M€). Ces éléments, bien que favorables, ne modifient pas les déséquilibres structurels du modèle financier départemental.

En effet, les perspectives demeurent marquées par une pression croissante sur les dépenses sociales, portée par le vieillissement de la population et l’augmentation des besoins en accompagnement, conjuguée à une hausse des coûts unitaires. Parallèlement, les recettes restent fragilisées par leur forte dépendance à des ressources volatiles fortement liées au contexte économique et social, notamment les DMTO, et par une dynamique atone de la fraction de TVA, désormais principale ressource fiscale.

Ce budget s’inscrit dans la continuité d’une gestion prudente en matière de fonctionnement

Le budget de fonctionnement avec 297,840M€, soit 76% des dépenses réelles totales continue à faire l’objet d’un plan de maitrise engagé depuis plusieurs années. L’action sociale et la DRH avec 240,174M€, représentant 81% des dépenses de fonctionnement, font également partie intégrante du plan d’actions.

Les dépenses de personnel constituent un poste majeur des dépenses de fonctionnement du Département. Leur évolution en 2026 s’inscrit dans un contexte fortement contraint, marqué par des facteurs exogènes durables et par la poursuite d’une stratégie volontariste de maîtrise de la masse salariale.

L’évolution des dépenses de personnel est également liée à la hausse progressive et structurelle des cotisations CNRACL, décidée au niveau national. Ces mesures, indépendantes des choix de gestion du Département, génèrent une rigidification durable des charges et réduisent mécaniquement les marges de manœuvre financières. A ce titre, la dépense progresse de +1,1M€ en 2026 et de +13,22M€, en cumulé sur la période2024-2028.

En outre, la dynamique de restriction engagée depuis 2024 est reconduite en 2026, à travers :

  • la limitation du recours aux contractuels non permanents,
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  • la suppression ciblée de postes permanents,
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  • l’allongement des délais de carence entre départ et recrutement,
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  • le lissage des avancements de grade,
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Les dépenses de personnel inscrites au budget primitif reflètent une gestion sobre et responsable, conciliant respect des obligations réglementaires et exigence de soutenabilité financière. La progression des charges résulte essentiellement de décisions nationales, tandis que le Département maintient une discipline renforcée sur ses leviers internes.

L’action sociale demeure le cœur des interventions départementales, avec des crédits significatifs dédiés à la protection de l’enfance, à l’autonomie et à l’insertion. La collectivité poursuit une stratégie d’optimisation des dispositifs afin de concilier soutenabilité financière et maintien de la qualité du service public.

Les principales dépenses sont la protection de l’enfance (46,100M€), le soutien à la perte d’autonomie des personnes en situation de handicap et des personnes âgées dépendantes (86,540M€) ainsi que la lutte contre la pauvreté et l’insertion (30,500M€).

Dans les autres secteurs, il est proposé selon les orientations budgétaires débattues en assemblée au mois de janvier dernier:

  • de stabiliser les crédits de fonctionnement dans les domaines de la culture et du sport ;
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  • de réduire les moyens logistiques de la collectivité ;
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  • de diminuer la portance des loyers externes ;
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  • de tenir le cap en matière de soins de premiers recours et affermir le « aller vers »  avec des opérations telles que le mammobile et autres actions de prévention santé ;
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  • de majorer les crédits dédiés à l’entretien des routes pour limiter la « dette grise ».
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Ce budget témoigne d’un niveau d’investissement soutenu

Malgré un contexte budgétaire particulièrement contraint, l’investissement demeure une priorité stratégique pour le Département, au service des Gersois et de l’attractivité du territoire.

Ainsi, les crédits de paiement consacrés à l’investissement s’élèvent à 58,366 M€, contre 51,849 M€ au compte administratif prévisionnel 2025, traduisant un effort soutenu et volontariste de la collectivité.

Par ailleurs, afin d’accompagner l’avancement du chantier de mise à 2x2 voies de la RD 1124, une enveloppe de 28,5 M€ en dépenses brutes est mobilisée pour cette opération structurante, essentielle au désenclavement et au développement du territoire.

Une enveloppe globale de 1 M€, dont 0,8 M€ en investissement, est également prévue afin d’engager les premières opérations de remise en état faisant suite aux dégradations observées lors des récentes manifestations agricoles.

Comme indiqué précédemment, le Département demeure en attente de la mobilisation effective des financements de l’État, conformément aux engagements pris par celui-ci, afin de permettre la prise en charge et le traitement d’importantes masse de déchets déposés à cette occasion.

Le volume important des autorisations de programme (192,8 M€) traduit une programmation pluriannuelle ambitieuse, intégrant les enjeux de transitions écologique, énergétique et sociale.

Par la stratégie qu’il déploie en matière d’investissement, le Département doit ériger les transitions écologique, énergétique et sociale en véritables moteurs du développement territorial, plutôt que de les appréhender comme de simples obligations.

Ces transitions représentent une opportunité stratégique majeure pour accroître l’attractivité du territoire, soutenir la vitalité économique et renforcer la cohésion sociale.

En sa qualité de chef de file des solidarités humaines et territoriales, le Département a le devoir d’anticiper les évolutions en cours, de protéger les publics les plus fragiles et d’engager dès aujourd’hui les investissements nécessaires pour bâtir un avenir durable et résilient.

Le Département poursuit sa stratégie de maintien du stock de sa dette

Sur le plan financier, la situation reste fragile mais s’améliore légèrement, avec un taux d’épargne brute porté à 8 %. La stratégie retenue consiste à stabiliser l’encours de dette (134,6 M€), grâce à un recours à l’emprunt équivalent au remboursement du capital. La structure de la dette, sécurisée et majoritairement à taux fixe, ainsi qu’une capacité de désendettement de 5,5 ans à fin 2025, confirment une gestion maîtrisée mais sans marges significatives de désendettement.

Pour 2026 et les exercices suivants, nous devrons poursuivre nos efforts de maîtrise des dépenses de fonctionnement, optimiser nos organisations, prioriser nos projets en investissement pour répondre à des objectifs de transition. Nous continuerons également à porter auprès de l’État la nécessité d’une réforme structurelle du financement des Départements, garantissant davantage de stabilité, de visibilité et d’équité territoriale.

 

 

Mis à jour le 23/03/2026